De la difficulté d’être raccord

Comment peut-on naitre de gauche révolutionnaire et finir patron ?

Le choix du non-engagement pour être constant dans le temps.
L’engagement est un tatouage, un leurre que l’on se fait, une volonté d’inscrire un instant T dans l’éternité.
De cette erreur (souvent de jeunesse) découle beaucoup de contradictions qui vont du simple changement d’avis aux plus grand détournements de fonds. Il en découle alors beaucoup de complications sociétales.
La gentrification permanente en est un exemple parfait. En tant que « créatif », j’arrive dans un quartier délabré car c’est bon marché et populaire. Le temps passe, les modes aussi, de fauché je deviens connu, les prix montent, la jalousie aussi, c’est le nouveau place to be, les enfants arrivent, les poussettes à trois roues les suivent, ce parc devrait être réaménagé, il est dangereux pour les enfants, mine de rien l’insécurité guette notre quartier, votons contre l’ouverture d’un restaurant en bas de chez nous, cela provoque des nuisances olfactives et sonores…

Faut-il alors avoir tout testé pour savoir qui l’on est jusqu’à se renier après plusieurs années ?

Oui j’ai voté en AG d’étudiants pour la grève et contre cette loi, je me suis donc retrouvé militant associatif ce qui m’a mené à faire de la politique, sauf que maintenant je suis responsable d’une collectivité et des manifestants bloquent mon établissement…
Oui je suis un artiste qui joue des bolas et squatte des hangars, je refuse le capitalisme de papa pour m’adonner à la création sauf que sans son aide je serais à l’usine.
Oui je suis un patron de gauche pour défendre les opprimés en toute légitimité mais j’applique un stalinisme total dans mes propres rangs au nom du bien commun, la fin justifiant alors les moyens.
C’est le cas classique de tout patron de gauche, c’est un tyran qui au nom du droit pour tous martyrise les individus. Daniel Mermet, le regretté animateur / producteur / rédacteur en chef de feu « La bas si j’y suis » ou l’ancien Père de Montreuil Jean-Pierre Brard en sont de bons exemples. T’es pas d’accord ? Tu t’en vas. C’est dur ici ? On est maltraité ? Oui mais c’est pour défendre les opprimés. Le système est tellement bien rodé qu’il est normal d’être précarisé par France Télé car on travaille pour le service public. Comme si avoir une éthique idéologique payait un loyer. De l’autre côté du périph’ à TF1 ils l’ont bien compris du coup, ils paient bien.

Puisqu’on nait jeune et con, doit-on finir vieux et fou ?