Improbalités cubaines

IMPROBABILITÉS CUBAINES

Ou l'échec du communisme 2.0

Un état qui n’est pas encore sexagénaire dans un pays millénaire.
Voilà l’anachronique rapport que Cuba entretient avec la Terre.
Aller à Cuba aujourd’hui, c’est voyager. Beaucoup dans le temps et peu dans l’espace. Sur cet ilot de 100 000 km2 tout semble improbable et contrasté. Sur les routes qui parcourent Cuba, un crabe traverse entre une charrette tractée par des boeufs et un bus de touriste américains, alors qu’un enfant marche pieds nus, mais dans un uniforme impeccable, pour aller à l’école (gratuite et obligatoire). Plus loin, des camions-grues passent devant des peintures propagandistes du régime pour construire au plus vite des hôtels-clubs pour riches cubains et occidentaux. Ce contraste est d’autant plus saisissant que l’on peut passer de la nature jurassique à la civilisation béton en quelques heures….

 

Les inégalités sociales de ce pays n’ont d’égales que son contraste architectural. Chassé par les révolutionnaires socialistes en 1959, les bourgeois ont laissés derrière eux de nombreuses villas qui sont restées abandonnées et avec la chute du mur en 1989, beaucoup de constructions d’état l’ont tout autant été créant ainsi des paradis ouverts de l’urbex autant en pleine montagne qu’au centre de la capitale. Car l’État cubain est pauvre et doit faire des choix drastiques d’investissement et la destruction des complexes en béton armé désormais inutilisés ne semble pas la priorité.

L’abandon du communisme est partout discret mais néanmoins sous-jacent, avec notamment l’autorisation pour les cubains depuis peu de devenir auto-entrepreneur. Mais d’apparence le régime montre encore la puissance du socialisme (ou de la mort) et veut encore contrôler, par exemple, l’arrivée d’internet il y a trois ans (seulement !).

 

Le meilleur exemple reste ce schizophrénique système d’une double monnaie. Le CUC équivalent au dollar (pour touristes et donc pour cubains gravitant autour) et pesos national MN (pour simple travailleur n’ayant pas (encore) accès à la manne étrangère). Comment s’y retrouver quand un même café vaut vingt-cinq fois plus cher d’un côté ou l’autre de la rue ? Ce clivage au sein de la population, ce besoin vital de toujours trouver plus d’argent pour survivre, et depuis peu l’espoir de voir enfin Cuba s’ouvrir et échanger avec le reste du monde, mène inévitablement l’îlot communiste vers un capitalisme effréné. Chacun essaye donc de grappiller quelques CUC pour tenter de gagner en une journée, souvent grâce aux touristes, le salaire mensuel moyen d’un cubain (20 CUC).

Alors la débrouille, partout tout le temps, de la récupération d’une vieille voiture américaine des années soixante ressuscitée avec une boite automatique chinoise, à l’installation d’un routeur sur la place du village pour redistribuer quelques minutes d’internet. Sans oublier le manque permanent de savon, de vêtements (mais jamais de rhum), ni la traditionnelle queue de deux heures le dimanche en famille pour manger une glace, parfum chocolat, banane ou coco selon l’arrivage du moment.

 

Cuba se résume aujourd’hui en une image, celle d’une jeunesse tiraillée entre la terre communiste de La Havane et la Floride à moins de 200 kilomètres.
Le problème (?) c’est que sur la Tribune Anti-imperialiste José Marti (fondateur du parti révolutionnaire cubain) un concert exceptionnel de Major Lazer (DJ américain aux millions de followers) se déroule face à 200 000 cubains qui ne rêvent que d’émancipation…
Et puis, Barack Obama vient d’arriver, les Rolling Stones et Chanel ne devraient plus tarder.

 

La victoire idéologique et culturelle du capitalisme.
Hasta la victoria, siempre ?

 

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